Ah, Da Shu…
Cette période où même votre ventilateur vous regarde avec pitié.
Que signifie le premier HOU de Da Shu (大暑 – Grande Chaleur), vers le 22-23 juillet jusqu’au 27-28 juillet : 腐草化为萤 (Fǔ cǎo huà wéi yíng).
Traduction littérale : « L’herbe pourrie se transforme en lucioles ».
Poétique, non ?
En vrai, ça donne plutôt : « Même ce qui pue et se décompose finit par briller dans le noir. »
Dans la tradition chinoise, chaque Hou de cinq jours observe un signe précis de la nature. Ici, on nous dit que les herbes en décomposition, sous l’effet de la chaleur humide extrême, « donnent naissance » aux lucioles.
Scientifiquement, c’est un peu plus question d’œufs et de larves qui aiment l’humidité, mais gardons la poésie : la nature nous montre qu’à partir du pourrissement peut naître de la lumière.
Et dans notre corps, ça donne quoi cette métaphore ?
Da Shu, c’est le moment où le Yang est à son maximum.
Tout cuit, tout transpire, tout fermente.
Votre Qi peut très bien se mettre à « pourrir » un peu : digestion lourde, esprit embrumé, émotions qui stagnent comme une vieille soupe.
Et pourtant… c’est précisément dans cette humidité étouffante que quelque chose de lumineux peut émerger (il est bien connu que c’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures soupes, non !!!)
La luciole, c’est votre petit feu intérieur qui refuse de s’éteindre.
C’est l’idée que même quand vous vous sentez en mode « compost humain », une étincelle peut apparaître. Transformation. Alchimie discrète.
Le Yin qui commence (timidement) à pointer le bout de son nez au cœur de l’excès de Yang.
Petit exercice anti-déprime estivale :
- Asseyez-vous (ou restez allongé.e, on ne juge pas).
- Visualisez vos « vieilles herbes » : pensées ruminées, émotions digérées à moitié, frustrations accumulées.
- Imaginez qu’elles se mettent gentiment à pourrir… et qu’au milieu de ce bazar, de minuscules lucioles apparaissent.
- Respirez lentement en suivant leur lumière imaginaire.
- 5 minutes. Pas plus, sinon vous allez fondre.
Franchement, si l’herbe pourrie y arrive, on n’a pas le droit d’échouer, si ?
Ce premier Hou nous rappelle une grande vérité du Qi : rien n’est perdu.
Ce qui semble fini, usé, moite et dégoûtant peut devenir source de lumière.
C’est presque motivant… ou alors c’est juste l’humidité qui nous ramollit le cerveau.
Prochain Hou : quand le sol devient une éponge et que la chaleur vous colle à la peau comme un.e ex toxique. On en reparle.
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Bon QI Chaud-Yang-Chaud… Et à vos lucioles…

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