Ah, 草木黄落 !
Le moment où le calendrier chinois regarde les arbres se déshabiller en public et se tourne vers nous avec un petit sourire narquois :
« Messieurs dames, les feuilles tombent. Les arbres ont lâché prise.
Vous, vous continuez à grignoter des trucs froids et secs comme si de rien n’était ? Charmant. Vraiment. »
Parce que oui, on est bien dans le deuxième Hou de Shuang Jiang.
Tout jaunît, tout tombe, le Yin s’affirme un peu plus, le froid s’installe, et la sécheresse n’a toujours pas décidé de partir en vacances.
Les Poumons, eux, regardent les feuilles voler et murmurent d’une voix un peu rauque :
« On aimerait bien un truc chaud, un peu gras, un peu nourrissant… et pas juste une salade de betteraves froide. »
Ce qu’on peut (et devrait) mettre dans l’assiette pendant ces cinq jours
Les kakis restent les stars (évidemment).
Mais maintenant que les arbres se mettent à nu, on peut commencer à ajouter un peu plus de chaleur et de densité :
– châtaignes (栗子) : elles nourrissent, réchauffent doucement et aident les Reins à tenir le choc.
– patate douce ou potimarron : pour le côté moelleux et réconfortant.
– un peu de gingembre frais (pas trop, on n’est pas encore en plein hiver).
– toujours de la tremelle et de la poire pour ne pas abandonner les Poumons.
– et pourquoi pas un peu de sésame noir pour nourrir le Yin en profondeur.
L’idée n’est pas de se transformer en marmite ambulante.
C’est juste d’arrêter de faire comme si l’automne était encore une saison légère pendant que dehors tout se met à tomber.
Une petite recette simple (et franchement réconfortante)
Bouillie châtaigne – potimarron – un soupçon de gingembre
– 150 g de châtaignes (déjà cuites ou en conserve, on n’est pas des martyrs)
– 200 g de potimarron coupé en cubes
– un petit morceau de gingembre frais
– un peu d’eau ou de bouillon léger
– une pincée de sel ou un filet de miel si on aime le contraste
On fait mijoter 20-25 minutes jusqu’à ce que tout soit bien tendre.
On mixe ou on laisse en morceaux (selon le niveau de flemme du jour).
On mange tiède, en regardant les feuilles tomber par la fenêtre.
Et on se dit que, pour une fois, on a fait exactement ce que le deuxième Hou attendait de nous.
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Des choses claires, simples, et sans se prendre la tête.
En résumé, pendant 草木黄落, on arrête de faire semblant que tout va bien rester accroché.
On mange un peu plus chaud, un peu plus moelleux, un peu plus nourrissant.
On humidifie encore les Poumons, on commence à réchauffer sans forcer,
et on laisse le corps continuer à rentrer son énergie pendant que les arbres se mettent à nu.
Et on sourit : le calendrier, encore une fois, a (presque parfaitement) raison…
même quand il nous rappelle que les feuilles tombent et que notre assiette devrait un peu suivre le mouvement.
